Orange fait son Cirque

Alors que l'agence montréalaise Sidlee inaugure ses nouveaux bureaux ( et sa galerie d'art Sidlee collective ) à Amsterdam, un de ses illustres clients est à l'honneur dans une pub française : Le Cirque du Soleil. 

Image 3

La version ci dessus est la déclinaison web mais on retrouve la pub ( agence Publicis ) en format magazine dans de nombreux titres économiques. Outre le fait qu'elle fait un pont naturel entre le Canada et la France, qui correspond bien à l'esprit d'Idead (voir article "à propos d'idead"), je la trouve très emblématique de la démarche brillante et fûtée du Cirque, tout en étant surprenante de la part d'Orange. 

Pour tous les lecteurs non-québécois, il est important en effet de préciser que le Cirque du Soleil est une entreprise culturelle majeure, à la démarche singulière, avec une histoire propre à bâtir sa légende et surtout une multinationale au succès incontesté.Je ne me lancerai pas ici dans l'éloge du Cirque, ce serait trop long et surtout, je ne suis pas une spécialiste du genre: pour ceux qui veulent en savoir plus, wikipedia s'impose. Mais en bref, c'est un fleuron de l'économie québécoise, une des rares marques québécoises internationales aussi connues que Céline Dion et plus attachante que Bombardier ou Alcan.

Quant au succès incontesté… il existe quand même un endroit de la planète où le Cirque n'a pas réussi à planter son chapiteau permanent ni à rallier les critiques : et oui, toujours le fameux village gaulois et ces "maudits français". Autant la France succombe comme une guidoune à Roch Voisine, Isabelle Boulay ou Natacha St Pier, autant elle demeure relativement hermétique à l'esprit des spectacles du Cirque, qui a pourtant des fans enragés de Las Vegas à Tokyo. 

Que le Cirque prête "sa marque" et ses artistes au jeu de la publicité d'une autre grande marque, rien d'étonnant: elle sert de caution régulièrement et récolte toujours les bénéfices de cette exposition. Mais qu'Orange décide d'utiliser son imagerie dans une campagne tournée vers le monde des affaires en France est plus remarquable: car enfin, la notoriété du Cirque du Soleil n'a rien à voir ici avec ce qu'elle est en Amérique du Nord ou en Asie. Du coup, l'effet prestige ou caution est moindre. L'explication vient peut-être du caractère européen de la dite campagne : à Londres par exemple, la marque est une vedette. Caractère européen dont témoigne éventuellement le slogan en anglais ? (  les québécois lisant ses lignes ne manqueront pas de "sauter" en découvrant le très frenchy : " together we can do more" 🙂 ) 

Chose certaine, c'est un bon coup du Cirque, une entreprise qui depuis ses débuts démontre un sens inné du marketing: la visibilité est majeure et il en restera forcément quelque chose quand la marque reviendra tenter sa chance à Paris. C'est aussi l'occasion de parler du livre de Bertrand Cesvet, l'un des associés de Sidlee, qui vient de sortir en Amérique du Nord : " Conversational capital, how to create stuff people love to talk about". La stratégie du Cirque y est abondamment commentée et analysée.
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s