3D: le nouveau saut créatif !

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Deux événements ont marqué la semaine d'une empreinte bien différente, avec pourtant un point commun: la 3D est-elle bien la révolution techno qui va projeter nos métiers dans une autre ère ? Le premier événement est le dernier MIP TV qui a fermé ses portes, le deuxième la sortie du très attendu "Pina", documentaire en 3D de Wenders.

Au MIPTV, en dehors des traditionnelles tendances des programmes, la cuisine qui fait recette, c'est la télé connectée qui fut la vedette de cette édition. Signe des temps ? La télé connectée, prête à fonctionner, fascine par l'apport des réseaux sociaux ( FB, Twitter ) alors que les téléviseurs 3D enregistrent des ventes très mitigées ( cf les analyses Deloitte ). Un excellent papier de Gilles Musi pour L'Expansion résume parfaitement le dilemme ( "Pourquoi la télé française tarde à passer à la 3D"): en l'absence de business model clair, chaînes et producteurs de contenus attendent; et en l'absence de contenus télé suffisant, le consommateur attend aussi.

Quant aux marques, au lieu de tenter l'aventure et de se faire les dents, elles jouent – les publicitaires aussi – la prudence.


Côté diffuseurs, Canal + s'y colle, aidée il est vrai par l'offre cinéma qui est la sienne mais mûe aussi par une vraie volonté de garder une longueur d'avance ( stratégie payante oblige ). Pour les autres, ni l'audience, ni la pub ne peuvent pour l'heure justifier la différence de coûts (rapport de 2 à 3 fois plus cher).

Les nouveaux joueurs de l'audiovisuel sont plus audacieux. On peut mentionner les initiatives, nombreuses, d'Orange sur le sujet. Orange a l'immense avantage, par rapport aux chaînes traditionnelles, d'avoir une vraie culture de la R&D et de la techno : Orange Labs emploie des milliers de chercheurs en France et à travers le monde ( dont plus d'un millier en Bretagne, terre d'excellence en la matière ). Cela donne des projets ambitieux comme 3DLive qui visent à développer l'expertise et le savoir-faire de toute la chaîne de production audiovisuelle, depuis la captation jusqu'à la diffusion en direct d'événements en 3D. Projet qui démontre bien, par ailleurs, tout le chemin qui reste à parcourir pour que la 3D devienne une techno "banale".

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Quel rapport avec le dernier Wenders direz-vous ? C'est que tous les observateurs, quels que soient leurs avis sur le fim, s'accordent sur un point : le cinéaste amène une vision neuve dans l'utilisation de la 3D. Le projet de documentaire a d'ailleurs attendu des années l'arrivée de la 3D moderne, véritable déclic pour Wenders. Ce que relève parfaitement Première :

" On pensait qu'il n'y avait qu' Avatar . Que seul James Cameron avait su maîtriser la technique de la 3D pour proposer une révolution artistique. C'était compter sans Wim Wenders. Pina, son nouveau documentaire, sort aujourd’hui sur les écrans. Docu ahurissant sur la chorégraphe Pina Bausch, ce choc stéréoscopique signé Wim Wenders, amène la 3D sur le terrain du film d’auteur. " 

Le point commun entre Wenders et les analyses du MIPTV, c'est que la 3D recèle une foule d'opportunités et de remises en question, qui vont toutes nous toucher dans les années à venir, à mesure que les coûts vont diminuer. Le cinéma est en train de redevenir un laboratoire*, la télé suivra c'est garanti ( les sensations procurées par le sport ou le spectacle vivant en 3D sont un vrai plus expérientiel ).

A quand les marques ? Il y a là une possibilité de différenciation et d'innovation tangible qui va au delà de l'appli Iphone: une longueur d'avance prise sur la concurrence qui devrait aiguiser les appétits de toute grande marque ayant l'innovation ou l'exclusif dans ses gènes. Au delà des problématiques de coûts et de technologie, se pose déjà la question de l'écriture (et c'est bien ce que révèle le Wenders) : pour les scénaristes, pour les auteurs télé, pour les réalisateurs mais aussi pour les professionnels de la communication, il faut réinventer la manière dont nous racontons des histoires, la manière dont nous découpons. Le rythme de la 3D n'est pas celui de "Jason Bourne" ni de "Mission Impossible".

La pub a l'avantage d'être sur un format court, et de pouvoir exploiter au maximum les effets 3D les plus saisissants ( cf billet 3D: la nouvelle frontière pour les marques ). Pourtant, elle aurait tort d'oublier cette question de fond de l'écriture, du découpage, car elle usera vite l'effet poudre aux yeux et devra alors composer des histoires plus à même de créer de l'émotion. C'est un magnifique chantier qui s'ouvre, qui contribue lui aussi à renouveller le dialogue entre les marques et les consommateurs. De quoi stimuler la créativité pour une bonne décennie : çà n'est pas la moindre des bonnes nouvelles 🙂

* PS/ j'ai eu la chance de toucher de près un projet passionnant sur le sujet: "Il était une fois 5", qui aborde la question de l'influence des technologies sur la narration. Avec 4 films courts à découvrir dès le 13 avril ( sortez vos lunettes rouges et bleues ) sur le webdock de cette expérience inédite : www.1fois5.com

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