Gratuit … ou presque

Le fric n'est plus très chic. Dacia, marque low-cost de Renault, aimerait même nous faire croire qu'il est désormais très ringard de dépenser beaucoup pour une voiture. Dans ce message conçu entre Paris et Frankfurt par Publicis, la vie d'un homme défile au gré de ses achats automobiles et de la classique surenchère " j'en veux une plus grosse ". Jusqu'au jour où bien sûr, il se lasse de ce superflu et tombe en amour avec une Sandero. Comme par hasard, il est devenu entre temps un type bien, qui ne veut plus épater ni la galerie, ni son patron ni les bimbos: juste sa femme et ses enfants.  

Bref, en 25 secondes, Dacia nous explique : 1/ comment rompre un cercle vicieux 2/ comment une voiture peut nous faire économiser temps et énergie pour se consacrer à l'essentiel…

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L’apocalyse est à 7h

Apocalypse2012 

Ça fait déjà quelques mois que le film "2012" fait son marketing juste par le buzz et la diffusion de teasers, puis de bande-annonces. Les raisons du succès de ce buzz ? La peur ( jetez juste un coup d'oeil aux images de méga-tsunami dans l'Himalaya , vous comprendrez ). Quand la crise nous déprime, nous inquiète ( voire, pour les plus assidus des analyses économiques sérieuses, nous paniquent ), nous courons au cinéma voir des films où l'apocalypse est au coin de la rue. Réflexe humain: après une telle débauche de fin du monde, la réalité a bien meilleur goût 🙂

Dans un registre plus sérieux, plus lointain, très éclairant mais pas plus rassurant, l'IDATE ( " fondé en 1977, l’un des premiers centres d’études et de conseil en Europe, dont la mission est d’accompagner les décisions stratégiques de ses clients sur les secteurs Télécoms – Internet – Médias." ), qui publie chaque année de coûteuses études sectorielles sur les domaines pré-cités, vient de publier une synthèse prospective sur l'avenir de la télévision : TV 2020, la migration internet ( téléchargeable via Offremedia ).

Au coeur de l'argumentaire, la migration internet déjà bien entamée, des audiences et des contenus et une analyse des tendances actuelles ( autant en terme publicitaire que de consommation télé ).

Comme souvent, 3 scénarios sont développés, du "moins pire" au "moins avantageux" monétairement parlant…

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Bright side of the crisis (2/2)

Ideadmontagepeople

Des malheurs de la presse people française aux lueurs de solutions concrètes pour la presse américaine, revue des futurs possibles pour l'imprimé et son modèle publicitaire.

Alerte rouge : la presse "People" comme disent les français ( presse à potins pour les Québécois ) va mal. Elle qui résistait encore vaillamment à toutes les crises structurelles et conjoncturelles des médias, elle qui pouvait encore permettre de croire au vieux modèle " je publie un contenu qui a une valeur pour le consommateur, donc je fais payer pour" est désormais elle aussi touchée. Pire, c'est le type de presse qui s'en sort le moins bien sur le premier trimestre 2009.

Quel rapport avec le titre de cet article, consacré comme la partie 1, aux bons côtés de la crise ?

Franchement: Gala à 20,7%, -18,2% pour Voici ou 14,2% pour Closer, ça vous fait pleurer ? Ces "fleurons" du journalisme d'enquête ont certes la grande qualité d'être des revues rentables mais peut-on vraiment déprimer en apprenant que les français achètent moins ce type de presse ??? 

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Le prix de la vertu pour Coke et autres nouvelles éclairantes

Sunn

Une revue de presse/web est toujours un exercice subjectif. C'est aussi une excellente manière de flairer l'air du temps, pas toujours aussi pluvieux que ce dimanche et d'avoir, dans cette époque trouble, quelques éclairs de lucidité sur la révolution en marche dans l'industrie de la com" et des marques. De la semaine passée, quelques lectures / infos inspirantes.

 • 33 millions d'euros, le prix de l'innocence pour Coke ? C'est en tout cas le montant investi par la firme d'Atlanta dans la société de smoothies britanniques Innocent ( voir précédent billet sur cette success story). Participation minoritaire mais non négligeable pour une entreprise de 116 millions d'euros de CA ( 2008 ), qui a fort affaire avec la concurrence soudaine de Tropicana ( propriété de … Pepsico ). Le quotidien Libération ne rate pas l'occasion d'épingler toutes "ces multinationales tentant de se racheter une virginité" avec des marques bio, éthiques et écologiquement responsables : et de citer l'exemple de Ben & Jerry ( Unilever ) ou L'Oréal ( qui a racheté Sanoflore, marque bio française ainsi que Body Shop ). Pour Libé, il est clair que ces mariages d'affaires signifient la fin des vertus des marques rachetées : elles passent à l'ennemi. Pourtant, dans le cas d'Innocent, il est tellement clair que la bataille se joue ( comme presque toujours dans la guerre des colas ) sur la distribution qu'on ne peut que comprendre la nécessité de l'entreprise de s'allier à plus fort qu'elle. Tropicana a mis 6 semaines a être référencé dans 90 % des points de vente alors qu'Innocent a mis plus de 2 ans à toucher un tiers d'entre eux ! Dur de lutter dans ces conditions, belles valeurs ou pas… Par ailleurs, je ne suis pas prête à parier sur le fait qu'Innocent perde ses attributs et son attitude, et se fasse " siphonner " par Coke ; elle peut servir de laboratoire de marketing éthique;  au pire, d'alibi vertueux dans les rapports annuels… Dans l'immédiat, cet argent frais lui permet enfin de penser à son développement et de baisser la pression en temps de crise. Pour les marques comme pour les hommes, c'est un peu "struggle for life" ces jours-ci 🙂

la pub en crise ne fait pas pleurer tout le monde

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Vendre en temps de crise

Idead:FLC

"Qui dit crise dit opportunité", "les marques qui continuent à investir en pub seront les grandes gagnantes", "la crise, c'est l'occasion d'être créatif" … Un publicitaire, lassé de la profusion de discours volontariste, me demandait l'autre jour: on a des preuves ? des noms pour ces marques qui auraient miraculeusement tiré leur épingle du jeu en 1991 ou en 2001 ? 

Un peu de recherche procure quelques éléments de réponse: les traces d'études chiffrées mais aussi le simple rappel qu'en période difficile, il n'est pas mauvais de prendre un peu de hauteur, de penser stratégie et d'aller s'inspirer des meilleurs théoriciens du management, en l'occurence en plongeant dans les trésors de la Harvard Business Review. J'y suis tombée sur un article sur "la vente par provocation" qui devrait intéresser tous les patrons d'agence de com'.

Mais commençons par les marques et les annonceurs. Pascale Merzereau, directrice générale adjointe d'Aegis Media Expert ( France ) s'exprimait récemment dans la newsletter spécialisée 100% Média, au sujet de la baisse des investissements en communication ( dès 2008 pour la France, -1,4%, et -2,6% juste pour les dépenses média )…

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Chronique d’une mort annoncée

IdeAd-Marlboro

Plusieurs coïncidences et télescopages de lecture/ visionnement me ramènent
à ce sujet, que je suis assidûment depuis… 1999 : la fin de la pub.

À l’époque c’était « La mort du 30 secondes ». Et j’étais la
première à dénoncer l’exagération, tout en reconnaissant le brouillage des
frontières ( passionnant ) entre publicité et contenu.
 Désormais, la crise est bien plus large.
Que certains la découvrent encore ou fassent remonter le phénomène aux années
récentes m’apparaît étrange : la publicité classique, et les agences qui la font, se cherchent depuis 10
ans.

Martin Ouellette, agence Provokat et blogueur invétéré, a donné une
conférence intéressante sur «  l’avenir des agences de publicité » pour
Infopresse à Montréal la semaine dernière. La vidéo est dispo sur Google, je
vous la recommande. Sa première slide est … FIN. 

Pour la forme, certains seront peut-être allergiques au style assez direct
de l’orateur : c’est surtout le fond qu'on devrait retenir*.
 Beaucoup de « gros bon sens »
comme on dit au Québec. Mais un bon sens dont on semble diablement manquer ces
jours-ci dans la profession. Beaucoup d’honnêteté intellectuelle aussi, alors
qu’on retrouve plus souvent du déni…

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« Bringing creative thinking to business problems »

Les médias et les agences de publicité ont un point
commun désormais plus important que leurs annonceurs : la quête d’un nouveau
business model. C’est sans doute un peu moins urgent et crucial côté agence… du
moins ça l’était jusqu’en 2008. Mais tout s’accélère et à cet égard, ma
rencontre avec Ian Rowden, CEO de Saatchi&Saatchi Asia/Australia m’a permis
de découvrir un peu mieux le développement d’une nouvelle entité prometteuse :
Saatchi & Saatchi Industry.

Industry est un laboratoire pour Saatchi. 3 bureaux dans
le monde ( New York, Londres, Sydney ) mais avec une vraie longueur d’avance
dans les réalisations et leurs succès du côté australien. 

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TV is back

Image 9

Déjà évoquée au sujet de la gratuité dans ces pages, l'étude Media Trends 2009 de Deloitte Touche Tohmatsu* mérite qu'on s'y attarde un peu, une tendance à la fois. Dans le contexte catastrophe actuel, ces prévisions mettent en relief plusieurs mouvements contradictoires et sont parfois en totale contradiction avec l'air du temps, si important dans ce milieu.

Parcours personnel oblige, j'ai particulièrement accroché sur les prédictions concernant la télévision. Car les nouvelles sont presque réjouissantes pour ce média de masse, peu trendy depuis qu'internet et la mobile television lui ont piqué la vedette… mais si efficace. 

Trois points intéressants :

1- La télé redeviendra en 2009 une valeur refuge.

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Info locale: la leçon des télés américaines

Coverlmvd

"We better operate like
there's no tomorrow.

La phrase est de Lisa Howfield, directrice générale de la chaîne de télévision locale KVBC, affiliée au réseau national américain NBC. Elle est tirée d'un article de fond très bien ficelé sur les grands enjeux de la télé locale aux États-Unis, enjeux complexes qui n'ont pas attendu la crise récente pour se manifester ( source Wall Street Journal Europe, nouvelle édition du WJS ). Et quoi que le paysage américain soit très différent de la réalité française, il apporte un éclairage aux difficultés majeures de la télé locale française, probablement née avec 20 ans de retard et dont on voit difficilement comment elle pourrait être l'eldorado annoncé ici, il y a encore à peine cinq ans …

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Plus c’est gratuit, plus c’est cher

Idead:20min2

Plusieurs sons de cloche convergents ces jours-ci viennent entamer l'enthousiasme des adeptes de la gratuité comme business model. Le tout gratuit marque le pas, du moins dans le monde des médias : en 2009, la gratuité va coûter trop cher à maintenir et dommage collatéral, le fameux UGC risque également de voir son influence diminuer.

La bonne santé de 20 minutes en France – qui vient d'inaugurer une belle campagne d'image créée par La Chose ne doit pas masquer les problèmes économiques des journaux gratuits partout dans le monde ( licenciements et arrêts de certaines publications selon les pays ). Stratégies se faisait la semaine dernière l'écho du premier déficit de Métro France en 2008 après 3 exercices bénéficiaires. D'où viendra le salut ? Comme partout : cost reduction. 

Walter Isaacson dans le Time* propose d'ailleurs une solution drastique…

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