Short and sweet

Capture d’écran 2012-06-06 à 21.15.00

Quand l'image et l'expérience valent mille explications, mieux vaut laisser parler le talent. J'ai découvert cette campagne pour les bonbons Ricola grâce à l'illustrateur Julien Canavezes ( excellent site Toyzmachin) qui en signe les dessins, une galerie de personnages très réussie.

Capture d’écran 2012-06-06 à 21.14.30

Pour le reste, tout est beau comme l'évidence: le concept, la DA percutante, la stratégie qui mixe pub et événementiel ( et donc l'expérientiel ). Les emballages ont bien été fabriqués pour des bonbons distribués gratuitement lors de concerts. Pour qui a déjà été aphone ou est sujet aux maux de gorge récurrents, elle est encore plus savoureuse. Et d'autant plus intéressante qu'elle renouvelle une com' Ricola souvent bien sage ( la nature, les bienfaits des plantes … ). Surprise, Simplicité, Sourire, les 3 S font mouche, une fois de plus. 

Capture d’écran 2012-06-06 à 21.15.21

La campagne a été créée par la talentueuse JVM ( Jung Von Matt, Allemagne). Elle vient d'être récompensée deux fois aux US. Nul doute qu'on va la retrouver aux Lions de Cannes, elle le mérite. Pour voir tous les visuels, cliquez.

Les pubs normales n’ont rien d’exceptionnel

Capture d’écran 2012-01-08 à 18.00.14
Skoda annonçait, il y a quelques temps, qu’elle confiait la gestion de son budget publicitaire à La Chose.  C’était plutôt une bonne nouvelle: IdeAd a déjà écrit sur le manque de cohérence de la com de Skoda ( "bons spots, mauvaise strat" ) et sur le fort potentiel publicitaire de l’ancienne marque tchèque. Skoda a beaucoup d'atouts pour prendre le relais de VW, cette dernière s’embourgeoisant à la vitesse grand V. On attendait donc avec impatience la première campagne de La Chose.

High expectations never help 😉 Le résultat est un entre-deux, sans rupture créative, mais sans faute majeure non plus (une DA propre, une bonne intelligence du média). Cette campagne d'affichage ambitieuse livre une stratégie un peu fatiguée, des jeux de mots ou d’idées -c’est comme vous voulez- un peu faciles, des visuels sans relief.

C'est d'autant plus dommage que l'art de la bonne ligne se perd, et qu'à l'heure où l'image triomphe, les campagnes à dominante écrite sont de plus en plus rares. D'autant plus dommage qu'à ce jeu, les frenchies ne donnent pas leur place et ont leur carte à jouer.

Lire la suite

Best of Eurobest 09

Image 3 

Les prix Eurobest ont un gros défaut : organisés quelques mois après Cannes, par la même organisation (Emap), ils manquent totalement de surprise. Les Européens primés à Cannes ont toutes les chances de s'y retrouver à nouveau récompensés. Mais en période de crise existentielle et de crise économique, alors que Forrester semble en remettre une couche sur la fin des agences traditionnelles, disons que c'est une manière pour les agences de se rassurer encore un peu 🙂

Et en passant au crible les niveaux bronze et argent, on trouve quelques perles, qui n'étaient pas présentées à Cannes ou qui n'avaient pas réussi à passer le barrage culturel. Voici donc la sélection IdeAd sur les Eurobest 2009. 



Grand Prix/TV/Cinema : Canal +

Un spot dur à rater même noyé dans un tunnel publicitaire , c'était en soi une grande qualité. Surtout, un spot qui est ce qu’il vend : un bon
scénario ! Et qui arrive à surprendre malgré le concept et la facture plutôt
traditionnels… Mais un grand prix ??? Pas sûr. Bon, on est content pour les français et pour BETC Euro RSCG.


Lire la suite

Bright side of the crisis (2/2)

Ideadmontagepeople

Des malheurs de la presse people française aux lueurs de solutions concrètes pour la presse américaine, revue des futurs possibles pour l'imprimé et son modèle publicitaire.

Alerte rouge : la presse "People" comme disent les français ( presse à potins pour les Québécois ) va mal. Elle qui résistait encore vaillamment à toutes les crises structurelles et conjoncturelles des médias, elle qui pouvait encore permettre de croire au vieux modèle " je publie un contenu qui a une valeur pour le consommateur, donc je fais payer pour" est désormais elle aussi touchée. Pire, c'est le type de presse qui s'en sort le moins bien sur le premier trimestre 2009.

Quel rapport avec le titre de cet article, consacré comme la partie 1, aux bons côtés de la crise ?

Franchement: Gala à 20,7%, -18,2% pour Voici ou 14,2% pour Closer, ça vous fait pleurer ? Ces "fleurons" du journalisme d'enquête ont certes la grande qualité d'être des revues rentables mais peut-on vraiment déprimer en apprenant que les français achètent moins ce type de presse ??? 

Lire la suite

Mort aux clowns !

Ideadslochegoudron

"51 % des Français n'aiment pas les jeunes" : c'est L'Express qui le dit, suite à un sondage réalisé fin avril. Dans un pays dont on vante le taux de natalité dynamique, voilà qui promet des lendemains qui chantent ! En France, on adore les bébés, on aime les enfants mais on déteste les "jeunes cons"? 

C'est bien de perception qu'il est question, surtout quand on évoque le reproche suprême fait à ces "jeunes" ( je mets ces guillemets comme d'autres des pincettes ) : 70 % considèrent en effet que les jeunes sont "individualistes". Horreur ! 

D'où viennent alors ces cortèges et ces grèves incessantes depuis un an dans les universités et les lycées ? Ces mouvements qu'on dit manipulés par les syndicats et les partis de gauche ? Ça doit être une illusion d'optique puisque c'est désormais entendu, les jeunes sont juste des maudits individualistes :-)))

Ce chiffre me fait sourire et il fait écho de l'autre côté de l'Atlantique à une "polémiquette" soulevée par les 10 ans de pub d'une marque québécoise très portée sur les 15-25 ans : la Sloche…

Lire la suite

Du branded content en 1829

IdeAd:breguet
Je suis tombée récemment sur cette double page magazine ( tirée du Time, numéro « 100 world’s most influential people » ). Il s’agit d’une publicité pour la prestigieuse marque de montre Breguet, née en 1775…

Vous pouvez y lire comme moi que Pushkin n’hésitait pas à faire entrer la marque dans son roman, de manière avantageuse ( cette montre est un vrai compagnon qui veille ), en 1829. Il s’agit sans nul doute d’y définir un peu mieux ce personnage de dandy, de le qualifier davantage dans l’esprit du lecteur du XIX ième siècle.

Si la facture, un peu trop classique ( deuxième page très convenue, avec gros plan sur le produit, comme toujours dans l’horlogerie ), ne rend pas hommage au caractère étonnant de son contenu, cette publicité n’en demeure pas moins efficace tant la date, le prestige de l’auteur interpellent. On oublie trop souvent que les marques ne sont ni une invention du marketing, ni même du XX ième siècle. Elles font partie du quotidien des hommes depuis des lustres et c’est pour cette raison même que les plus braves d’entre elles résistent aux outrages du temps.

Par ailleurs, ce concept m’a rappellé les polémiques en 2003-2004 sur certains auteurs britanniques…

Lire la suite

Le prix de la vertu pour Coke et autres nouvelles éclairantes

Sunn

Une revue de presse/web est toujours un exercice subjectif. C'est aussi une excellente manière de flairer l'air du temps, pas toujours aussi pluvieux que ce dimanche et d'avoir, dans cette époque trouble, quelques éclairs de lucidité sur la révolution en marche dans l'industrie de la com" et des marques. De la semaine passée, quelques lectures / infos inspirantes.

 • 33 millions d'euros, le prix de l'innocence pour Coke ? C'est en tout cas le montant investi par la firme d'Atlanta dans la société de smoothies britanniques Innocent ( voir précédent billet sur cette success story). Participation minoritaire mais non négligeable pour une entreprise de 116 millions d'euros de CA ( 2008 ), qui a fort affaire avec la concurrence soudaine de Tropicana ( propriété de … Pepsico ). Le quotidien Libération ne rate pas l'occasion d'épingler toutes "ces multinationales tentant de se racheter une virginité" avec des marques bio, éthiques et écologiquement responsables : et de citer l'exemple de Ben & Jerry ( Unilever ) ou L'Oréal ( qui a racheté Sanoflore, marque bio française ainsi que Body Shop ). Pour Libé, il est clair que ces mariages d'affaires signifient la fin des vertus des marques rachetées : elles passent à l'ennemi. Pourtant, dans le cas d'Innocent, il est tellement clair que la bataille se joue ( comme presque toujours dans la guerre des colas ) sur la distribution qu'on ne peut que comprendre la nécessité de l'entreprise de s'allier à plus fort qu'elle. Tropicana a mis 6 semaines a être référencé dans 90 % des points de vente alors qu'Innocent a mis plus de 2 ans à toucher un tiers d'entre eux ! Dur de lutter dans ces conditions, belles valeurs ou pas… Par ailleurs, je ne suis pas prête à parier sur le fait qu'Innocent perde ses attributs et son attitude, et se fasse " siphonner " par Coke ; elle peut servir de laboratoire de marketing éthique;  au pire, d'alibi vertueux dans les rapports annuels… Dans l'immédiat, cet argent frais lui permet enfin de penser à son développement et de baisser la pression en temps de crise. Pour les marques comme pour les hommes, c'est un peu "struggle for life" ces jours-ci 🙂

la pub en crise ne fait pas pleurer tout le monde

Lire la suite