Des voeux pas que pieux

Sujet incontournable ces jours-ci, et déjà abordés dans ces colonnes, la progression des cyber-voeux. J'ai particulièrement apprécié ceux-ci, reçus d'Australie.


Christmas2008

À la lecture, vous aurez compris qu'il s'agit de transformer le problème de la déforestation en une solution : chaque donateur utilisant les cybercartes de CarbonNeutral Australia contribue directement à la plantation d'arbres sur son territoire. Plusieurs modèles disponibles, pour les particuliers comme pour les entreprises. La carte caritative n'est pas une idée nouvelle, mais moins de papier pour plus d'arbres est un raccourci très efficace. 

Dans le genre belle initiative, celle de l'agence TAXI au Canada et à New York, qui a créé une ligne de vêtements conçue pour les SDF, en collaboration avec des designers connus, est à souligner même si elle n'est pas nouvelle : Fifteen Below Project, en référence aux douces températures canadiennes, demeure un très beau modèle de "contribution citoyenne".


LA TÊTE DANS LE MICRO-ONDES

L’étiquette liée aux vœux a elle aussi ses différences
culturelles. Côté français, les cyber-vœux ne sont pas encore tout à fait
passés dans les mœurs : la carte a beaucoup d’adeptes et si l’on veut être
sûr de ne pas faire de faux pas ( ce qui est bien le minimum quand on adresse
des vœux ! ), c’est même incontournable.

Au Canada, pour des raisons écologiques, économiques,
peut-être aussi parce que Poste Canada, territoire oblige, n’a pas toujours la
même efficacité que sa cousine française (
  euphémisme 
J ), et
enfin parce que la tradition ne pèse jamais aussi lourd au Nouveau Monde que
dans le Vieux Continent, les cybervoeux ont rapidement gagné leurs galons. Pour
mieux faire passer cette nouvelle habitude, les entreprises ( de pub notamment
) n’hésitant pas à donner aux fondations caritatives l’équivalent des sommes
économisées sur l’envoi et le papier.

Cela explique en tout cas la prolifération de cartes de vœux
d’un genre nouveau.

Lire la suite

Stratégie de CB

Depuis les débuts d'IDEAD, je souhaite aborder les chocs culturels et autres atterrissages non contrôlés que subissent parfois les "expat" quand ils reviennent en sol français. Un spot TV en est pour moi un des emblèmes:  je le garde en réserve depuis quelques semaines, mais il tourne depuis un bon bout de temps et je tombe parfois sur lui au hasard d'une pause publicitaire. 

Le Blog de Greg vient de me donner le parfait prétexte pour vous le montrer : à partir d'une mésaventure ( fraude sur sa carte ) , Gregory nous parle des différences européennes dans l'utilisation d'une carte ( les français disent Carte Bleue, mais ce sont des Visa ou Mastercard pour la plupart , comme partout dans le monde ) et s'interrogent sur l'insuccès de Moneo. Retour à ma pub du jour donc et amis canadiens, préparez-vous à sourire.

Lire la suite

La vidéo en ligne, remède à la crise

Un sujet pas très sexy en apparence, mais ô combien décisif quant à l'avenir de l'industrie publicitaire: celle des droits et des cachets d'artistes sur le web. Comment en effet continuer à vivre d'un côté l'explosion du contenu vidéo on line, de l'autre le statu quo des Unions d'artistes dans bien des pays quant aux cachets et droits de suite ? Le web ne paie pas autant que la pub, les tarifs doivent donc être adaptés au medium, même si ( et c'est tout le point de discorde ), la visibilité sur le web offre un potentiel énorme et affranchit la notion de frontières.

Une initiative encourageante a été annoncée hier par IAB Canada : " La publicité audio et vidéo canadienne en ligne peut enfin prendre son envol suite à une entente conclue entre l'Alliance of Canadian Cinema, Television and Radio Artists (ACTRA), l'Association canadienne des annonceurs (ACA) et l'Institut des communications et de la publicité (ICA)." annonce le communiqué.

Un projet pilote de deux années va donc prendre son envol: cachets réduits pour les artistes quand la vidéo publicitaire sort du cadre strict de spots télé ou radio et notamment, droits de suite adaptés à l'univers de la vidéo en ligne. Le tout pensé pour stimuler la création de campagnes dans ces nouveaux espaces et combattre la morosité économique.

Pourquoi le Canada innove-t-il ainsi, lui qui a souvent tendance à adapter ses réglementations en fonction de son voisin américain ? Parce que le public canadien est un des plus grands consommateurs de vidéo on line au monde:"Les Canadiens se classent parmi les plus grands consommateurs de vidéo en ligne au monde. En effet, parmi les cinq pays actuellement couverts par l'étude de comScore Video Metrix, c'est au Canada que la vidéo en ligne a eu la plus grande portée, puisque près de 21 millions de spectateurs (c'est-à-dire pas moins de 87 pour cent de l'ensemble de la population en ligne âgée de 15 ans et plus) y ont regardé une vidéo en ligne en août 2008. En contraste, seulement 78 pour cent des internautes états-uniens ont regardé une vidéo en ligne pendant la même période." 

Or, malgré ces chiffres impressionnants, la création de vidéo publicitaires on line a toujours été freinée par les prix prohibitifs imposés par les unions d'artiste. L'ACTRA, toujours plus réactive et souple que sa consoeur québécoise ( Union des Artistes ) a donc souhaité aller de l'avant. Dans la conjoncture économique actuelle, c'est une initiative à suivre. Le pays qui nous a donné "Evolution" ( DOVE ) en 2007 aurait bien tort de ne pas stimuler la création en ligne… Pour en savoir plus sur le projet, cliquez ici.

Au bonheur des hommes


Cet article a été écrit en avril 2004 pour la chronique L’envers de la Pub de la 

Presse Affaires



Pendant
qu’au Québec, on s’interroge encore sur le statut de l’homme, trop souvent
dénigré en pub, et que la crise de la masculinité fait les manchettes, le Canada
anglais se bidonne depuis quelques années déjà avec la campagne du « Bud light
institute ». Et alors que Labatt, distributeur de la marque Budweiser, privait les
francophones de ces hilarants messages, voilà qu’une première tentative de
rapprochement s’opère : l’institut Bud Light arrive, adapté au marché
québécois.

Vous
aurez donc peut-être aperçu dernièrement le spot « Tasse fumante », où un
employé de bureau nommé Potvin réussit à ne jamais être au travail, grâce à une
fausse tasse de café qui fume toujours sur son bureau, laissant entendre qu’il
est dans les parages. Le rapport avec la bière ? Il s’agit de l’axe stratégique
de cette campagne: la fausse tasse de café fumante est une autre innovation de
l’institut Bud Light, qui régulièrement offre des moyens ingénieux aux hommes, leur
permettant d’avoir plus de fun dans la vie et donc de pouvoir consommer une Bud
Light plus souvent.

L’arrivée
de cette campagne, conçue par la talentueuse agence DDB Downtown Partners de
Toronto, constitue un excellent prétexte pour vous faire découvrir un autre
message, qui vient d’être sacré meilleure publicité de l’année pour l’ensemble
du Canada au concours Marketing Awards. Le spot s’appelle « History » et de
fait, il pourrait bien passer à l’histoire comme une des pubs les plus
insolentes et les plus drôles que des publicitaires aient conçue. Pour l’anecdote,
cette campagne rafle des prix un peu partout dans le monde, notamment au prestigieux
Festival international de publicité de Cannes, depuis presque trois ans. Elle
symbolise parfaitement le renouveau de la création publicitaire canadienne.
Mieux, l’équipe de Downtown Partners réussit désormais à imposer aux américains
ses créations pour Budweiser ! Connaissant l’arrogance et le nombrilisme de
certains créatifs New-Yorkais, la douce revanche d’une industrie qu’on disait
moribonde se savoure pleinement.

«
History » est un
morceau d’anthologie. Il couronne une campagne axée depuis le début sur la
cible masculine. Pour vous en situer le ton, sachez qu’un des messages récents présentait
une collection de cartes de souhaits, spécialement conçue pour les hommes qui
veulent se faire pardonner: «
Joyeux Anniversaire… en retard
», « Le 15 Février sera NOTRE St Valentin » ou « Je suis si désolé d’avoir manqué le
mariage de ta cousine
» ne sont
que quelques titres de cette collection dédiée au rattrapage de gaffe. Mais
dans « History », l’institut Bud révèle un secret explosif : depuis sa
création, il n’a cessé de trouver des façons d’occuper les femmes, afin que les
hommes puissent se retrouver entre eux pour boire une bière.

Dans
un flash back de 60 secondes, le directeur de l’institut, parfait stéréotype du
scientifique sérieux, nous explique toutes les inventions trouvées par son
laboratoire afin d’occuper les femmes. En 1922, le premier «tea party»; 1953,
le party Tupperware; 1962, les ventes de chaussures; 1968, le soap opera; en
1971, et là les femmes apprécieront, l’institut Bud invente le féminisme ! Pendant
que leurs hommes sont au golf ou rigolent au bar, les femmes défilent dans la
rue. Suivent des activités comme aller aux danseurs entre filles, une journée
au spa ou encore le magasinage en ligne.

La
première fois, l’effet de surprise est total. Mais dès qu’on connaît un peu l’univers
satirique de Bud, on savoure chaque reconstitution historique, où des femmes
pleurent devant la télé ou s’arrachent une paire de souliers. Absurde, farfelu,
grandiloquent, ce spot démontre bien la maîtrise d’un discours et témoigne d’un
sens du crescendo touchant à la perfection. En un mot, et quoi que pas vraiment
dans la cible, je le trouve irrésistible, même après dix fois.

Accessoirement,
il permet de constater que les Québécois, qui se pensent plus ouverts et audacieux
que leurs voisins anglophones, devraient remettre leur pendule à l’heure. La
rectitude politique à l’égard de la publicité est plus présente chez nous et
nos annonceurs sont beaucoup plus prudents que leurs homologues canadiens. L’institut
Bud prouve qu’une pub de gars qui s’assument peut rallier bien du monde. L’audace
bien gérée paie toujours. Bud a choisi son camp : celui des hommes. Les Canadiennes
ne se sont pas offusquées qu’on tourne en dérision jusqu’au féminisme… les
Québécoises seraient-elles montées aux barricades ? J’aime croire que nous
avons dépassé cette époque mais vos commentaires seront les bienvenus !