4 millions Rollerbabies

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C'est un petit clin d'oeil hommage au film de Clint Eastwood , ou comme l'aurait dit Sega à une autre époque : les bébés Evian, c'est plus fort que toi. La marque de 4 millions de vues vient d'être franchie aujourd'hui, quelques jours après le lancement officiel du nouveau film "Rollerbabies" (site officiel : live young ). Marion Cotillard dans le film LADY DIOR a fait 1 million en un mois il me semble et c'était pourtant un excellent score… 

Je n'avais pas vraiment embarqué sur les teasers de cette campagne savamment orchestrée par l'équipe de BETC Euro RSCG et de Rémi Babinet/ Mercedes Erra. Visiblement, je suis la seule 🙂

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Lapins crétins, stratégie brillante ?

Idead-lapincretin

Découvert hier, l'habillage de la page d'accueil du Figaro.fr ( un site à forte audience ) par le nouveau Grand Scénic de Renault vient contredire l'idée que la pub web serait en perte de vitesse et d'efficacité : mettez-y quelques Lapins Crétins ( tirés du célèbre jeu vidéo éponyme ) et tout de suite, on a envie de cliquer.

On aboutit alors sur un site spécialement conçu pour la campagne où après une intro réussie, on tombe sur 7 vidéos ( pas toutes en ligne encore ) où ces sympathiques crétins testent la voiture.

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Coke se fait Justice

En temps de crise, les marques sont-elles des valeurs refuge pour le consommateur ou souffrent-elles au contraire de leur prix plus élevé ? Un peu des deux, dépendamment du secteur d'activité, du type de produit et de la marque elle-même. Pour Coke, au vu des nouvelles récentes, ce serait plutôt "que du bonheur", bien en phase avec le positionnement publicitaire.

La marque  semble en effet très bien tirer son épingle du jeu pour le moment. Le Figaro Économie rapportait des ventes en progression nette lors des fêtes de fin d'année sur le marché français ( + 7 % en volume ). Aux États-Unis, les ventes ont reculé de 1 % en 2008 mais augmenté de 5 % en volume au niveau mondial, une performance puisque les ventes d'eau et de jus de fruits régressent. Et si le dernier trimestre a vu une baisse du chiffres d'affaires, le bilan 2008 demeure très positif pour le géant d'Atlanta : + 11 %. Plaisir et prestige de la marque leader accessibles pour quelques cents, la meilleure recette contre la crise ? Les dirigeants demeurent prudents mais l'espèrent.

Sur le marché français, la marque poursuit ses opérations de packaging "collector" et jouent l'exclusivité. Elle sort deux bouteilles en aluminium, spécialement créées pour 350 boîtes de nuit branchées et décorées par le groupe électro Justice en tandem avec le graphiste So me.
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Parlant packaging, une nouvelle passée inaperçue et pourtant symbolique est sortie dans le New York times la semaine dernière : l'appellation Classic a été supprimée des canettes. Pour mémoire, le Classic Coke était "né" à l'occasion du fiasco du New Coke en 1985, cette nouvelle version vite retirée suite au tollé des consommateurs : il s'agissait en fait du Coke original avec l'ancienne formule. Le New Coke ayant disparu depuis très longtemps( retiré 10 semaines après son lancement 1 ), le mot Classic avait progressivement diminué sur les emballages et avaient même disparu sur le marché canadien. Mais aux US, il apparaissait encore, plus de 20 ans après. Le ratage le plus étudié de l'histoire du marketing vient donc d'être définitivement effacé. Certains évoquaient une "fausse erreur" orchestrée par Coca-Cola elle même, histoire de revamper son Classic et de faire un coup de pub monumental. Donald Keough, président de l'entreprise à l'époque, répondit  joliment à ces cyniques : " Truth is, we're not that dumb, and we're not that smart". 

L’ère du tout-média ?

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À l'heure où les États Généraux de la presse défraient la chronique en France, où les quotidiens américains réduisent leurs effectifs et où les journalistes s'interrogent sur leur métier, une nouvelle en provenance du secteur tourisme s'avère révélatrice des défis qui attendent l'industrie des médias, et du décloisonnement généralisé auquel font face les publicitaires. Lastminute.com, un des dix plus gros voyagistes français ( 22,8 millions d'euros de CA, 1,8 millions de VU, 1 million de clients en 2008 ), vient d'annoncer une évolution marquante de son modèle d'affaires : l'entreprise compte en effet devenir un média et tirer 50 % de ses revenus de la publicité. À croire qu'ils n'ont rien entendu des débats qui animent la presse française actuellement quant à la faiblesse de la e-pub, des tarifs désastreux pratiqués et de la non-rentabilité des sites internet des grands médias français…

Le plan à 3 ans du nouveau DG ne manque pas d'ambition et relève même d'une modernité évidente pour qui a cotoyé ( c'est mon cas ) certains dinosaures du tourisme. Les pure players ont à cet égard une longueur d'avance telle que même lorsqu'ils sont déficitaires ( c'est le cas de Lastminute ), on reste relativement optimiste sur leur avenir. Le redéploiement de Lastminute s'appuie sur plusieurs axes: 
  • la régie pub, déjà en place, va pouvoir commercialiser des formats innovants (advertainment, contenu sponsorisé ) et s'ouvre déjà à des annonceurs issus d'autres secteurs que le tourisme. Clé des tarifs pubs, une stratégie de fidélisation de l'audience sera mise en place: blog, réseau social et web télé seraient prévus. Le tout servi par un budget marketing un peu en baisse par rapport à 2008 mais tout de même de 8 millions d'euros.
  • l'offre produit s'ouvre tous azimuths ( on veut accélérer les ventes "loisirs" par rapport aux ventes de voyages purs ) et parallèllement, une stratégie CRM va être déployée avec fidélisation des clients, marketing plus ciblé. L'achat de mots clés devient secondaire. On attend de voir la réalité de ces belles intentions : le service client en France, dans le tourisme et sur le web, est à des années lumière de cette notion née en Amérique du Nord…
  • en distribution, Lastminute ouvre aussi les vannes : le site va pouvoir compter sur le relais des agences Sélectours ( 550 points de vente en France ), stratégie claire de "click and mortar" en vogue chez les Tour Opérateurs.Mais simultanément, ouvre également la distribution via mobile. 
  • Dernière clé: ouverture et transparence. Les internautes qui achètent un voyage sont les plus grands adeptes de comparateurs de prix. "if you can't beat it, join it" : Lastminute va offrir un service de "rate finder" sur son propre site et toucher au passage une commission quand son client est redirigé vers un concurrent plus avantageux 

On applaudit à tant d'initiatives. C'est bien la preuve que les grandes crises sont aussi l'occasion de grandes manoeuvres et que l'immobilisme est la plus dangereuse des stratégies. Reste que cette volonté de venir jouer sur le terrain des média laisse un peu songeur: qu'elle soit logique pour Lastminute ne rend pas pour autant cet objectif de 50 % plus accessible. Il y aura des preuves à faire, vis à vis de l'audience pour démontrer la qualité et l'impartialité des contenus ; et vis à vis des annonceurs en terme d'efficacité. Mais la nouvelle demeure inquiétante pour les médias "traditionnels" et leurs sites web: de client, des sites comme Lastminute deviennent des concurrents, à tous les niveaux. Concurrents d'autant plus redoutables qu'ils maîtrisent plus naturellement l'univers internet dont ils sont issus. En résumé, un vibrant appel de plus à la modernisation urgente des média classiques. 

Pour ceux qui veulent creuser : l'article de Tourmag, référence du secteur tourisme. Les analyses éclairantes d'Eric Filloux. Et Eric Scherer dans Mediachroniques