La chasse est ouverte

Au Québec en janvier, s’ouvre la saison de
la chasse aux étudiants;  collèges,
universités, écoles "callent" les candidats comme les chasseurs "callent
l’orignal."  Des centaines
d’affiches appâtent le chaland étudiant.

Recruter des étudiants est vital pour la
survie et le développement des universités, c'est une évidence. Le problème
toutefois, c’est que ces campagnes ont tout du racolage et pas grand-chose de
campagnes de com' ? À une exception près, les stratégies sont basiques et les
créations insignifiantes… Il serait d'ailleurs intéressant de faire un
sondage auprès des étudiants pour savoir ce qu’ils en pensent.

Avec abnégation, IdeAd a parcouru les
tunnels du métro de Montréal, zone où prolifèrent ces affiches : un  vrai safari photo urbain, avec des images
édifiantes en guise d'album souvenir.

Grosso modo, la promesse est la toujours la
même : la réussite ! Quant à l'intelligence, on cherche encore.

Université d’Ottawa

"Ça part d’ici !" C’est un peu court, nous le serons aussi.

La question est surtout de savoir où ça arrive….

Capture d’écran 2010-01-31 à 20.12.44 

 

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Montreal’s spirit

31 décembre oblige, ce sera exceptionnellement un post express. Juste une vidéo à l'humour délicat, réalisée à quatre mains par Yan Giroux et Nicolas Fransolet ( Alt Productions ). J'ai travaillé avec Yan pour l'émission Invité de marque ( saison II ) et pour les émissions spéciales sur le meilleur de la pub francophone : toujours un plaisir. J'ai interviewé Nicolas, autre " belge importé " installé à Montréal : toujours généreux en détails et secrets de fabrication. La musique est un peu grinçante mais terminer l'année 2009 en bonne compagnie est une condition essentielle pour commencer 2010 de jolie façon. Que le champagne soit avec vous 🙂


Noir brillant, c’est tendance

Idead:ideasdark

Le 28 mars dernier, pendant une heure, la Tour Eiffel s'est éteinte à Paris et plus d'un milliard d'individus autour de la planète ont participé à l'heure de la Terre ( Earth Hour pour les français ), l'initiative de la WWF consistant à tout éteindre pendant une heure. Je ne sais pas si c'est d'avoir justement déconnecté à ce moment là, mais je n'ai pas trouvé le battage médiatique totalement à la hauteur de l'événement, du moins en France.

À Montréal, cela a inspiré une initiative sympathique et porteuse à l'agence de communication Bleu Blanc Rouge ( qui va devoir éventuellement se rebaptiser Bleu Blanc Vert, vu son acharnement à défendre l'écologie ) : elle a organisé " Des idées dans le noir", une soirée créative, destinée à soutenir l'événement, trouver des idées pour sauver la planète et accessoirement, avoir du fun. 

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Design en commun

Idead:opuslift
Le participatif est partout, pour le meilleur ou le pire, peu importe: on ne peut plus rien contre la vague, autant surfer ! Dernière initiative sympathique, lancée par Mélissa Nougier, une DA web qui ne supportait plus chaque matin la vision de son "horrible" carte OPUS , équivalent montréalais du pass Navigo : repenser le design de la dite carte pour la customiser, la rendre plus pratique mais surtout, pour dissimuler le motif original ci dessous… 

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Design utile

Idead:24hdesign


La publicité, qui contribue largement aux grands problèmes de la planète en poussant à la consommation, donne depuis plusieurs années des signes de "rédemption" et de bonne volonté en mettant les cerveaux de ses créatifs au service de grandes causes. En réalité, l'appel d'Al Gore à Cannes en 2007 fut sans doute le symbôle d'une prise de conscience déjà en marche plus qu'un déclencheur. Le Tap Projectde Droga 5, le Waterboy de Mortier Brigade et bien d'autres idées socialement justes ont été développées dans les dernières années, comme autant d'incitations à l'action utile.


L'initiative 24H Design de l'agence montréalaise Bleu Blanc Rouge s'inscrit dans ce courant : mettre le talent créatif au service de ceux qui en ont besoin, en l'occurence des jeunes entrepreneurs qui lancent leur boîte dans une période économique difficile. 

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Nike+MTL

Cet article a été écrit en avril 2005 pour la chronique L’envers de la Pub de la Presse Affaires.

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La
Presse y a consacré un grand dossier. Zone Libre, un reportage. Le sujet fait
toujours l’objet de débats passionnés, surtout au printemps, quand les nids de
poule deviennent nids de cigogne et que la poussière transforme certaines artères
en rues principales du Far West, balayées par le vent. Montréal est-elle une
belle ville ou la capitale mondiale du laid ? Entre les vœux pieux du maire
Tremblay et l’état de mes trottoirs ( si on peut appeler un amas de goudron
raboté par l’hiver un trottoir ), j’avais tranché depuis longtemps… Mais
voilà qu’une campagne de publicité est en train de me faire changer d’idée.

J’entends
d’ici les hurlements : « Comment la pub, pollution urbaine par excellence,
peut-elle embellir une ville ?! ». C’est pourtant le cas, quand une afiche est
bonne, elle embellit la ville et parfois même votre journée. Il est des slogans
qui se glissent dans votre tête comme une mélodie et qui vous gardent le
sourire aux lèvres. Je pestais en évitant les cratères d’une rue du Vieux
Montréal il y a deux semaines, quand je suis tombée sur l’un d’entre eux. «
À
Montréal, mieux vaut investir dans la chaussure que dans la chaussée
». Qu’il soit piéton, cycliste ou automobiliste,
comment un montréalais peut-il résister à une telle maxime ?

La
campagne dont il est question, « Cours Montréal cours », est signée par Nike et
son agence montréalaise Taxi. Elle s’inscrit dans le cadre d’une course de 21
km qui a lieu aujourd’hui même. À Vancouver et à Toronto, Nike est également
associée, parfois organisatrice, de tels événements sportifs. Et dans chaque
ville, Taxi a créé une campagne adaptée à la culture urbaine de ces métropoles.
C’est sans doute un grand signe de réussite pour cette stratégie très
locale et très ciblée: la campagne montréalaise me semble la meilleure !

À
part l’allusion à la chaussée, on trouve deux autres déclinaisons, toutes
faisant référence à un particularisme bien montréalais. «
Ce qui reste en
place rouille
» fait un clin d’œil
à la Biosphère du parc Jean Drapeau. Enfin, la plus vibrante, quand on est
jogger et qu’on vit à Montréal, montre la montagne avec un coureur les bras en
croix au sommet, remplaçant la célèbre croix. «
Les Kenyans ont leurs
plateaux, vous avez votre montagne

» clame l’accroche. Et l’espace d’un instant, on a l’impression que le pain de
sucre à Rio est moins joli que notre montagne.

Parce
que Nike n’a pas que des amis au pays de Naomi Klein, auteur du célèbre No
Logo, il n’est pas inutile de relever toutes les qualités de cette campagne. On
la croirait d’ailleurs conçue pour lever toutes les résistances, y compris
celles des plus farouches altermondialistes.

Premièrement,
et c’est primordial en affichage, la direction artistique accroche l’œil et le
séduit sans hésitation. Les masses oranges et grises se détachent parfaitement,
les slogans se lisent sans problème et l’équilibre général est parfait. Même embarqué
dans le métro, impossible de ne pas les remarquer. Les icônes choisies pour
représenter la ville, quoi que stylisées avec élégance, s’avèrent immédiatement
reconnaissables. On comprend aussi très vite qu’il s’agit de course, que Nike
est l’annonceur, même si sa présence, en dehors de l’affiche «chaussure-chaussée»
est discrète.

Deuxièmement,
la rédaction, sans fioriture ni bavardage, va droit au but. On reconnaît la
griffe Nike, savant mélange d’ambition, de dérision et d’insolence. Oser
prétendre que notre montagne fait de nous des Kenyans, référence absolue en
course, est bien sûr une boutade mais fait subtilement appel à la fierté et au
sens du défi de tout coureur : je parie que les « vrais » bombent un peu le
torse en passant devant l’affiche. La quintessence de la compétition passe dans
cette phrase. Nike tire toujours ses athlètes et ses clients vers le haut, l’humilité
ne lui conviendra jamais. De son côté, l’allusion à la chaussée désastreuse
reflète parfaitement la philosophie individualiste de la marque :
je
peux ce que
je veux, et je ne compte sur personnes d’autres que moi,
encore moins sur la mairie, pour optimiser ma course dans les rues.

Finalement,
l’atout implacable de « Cours Montréal cours » tient en un mot :
complicité. La campagne nous touche, comme coureur éventuellement, mais surtout
comme Montréalais. Saupoudré stratégiquement dans la ville, elle distille une
vision optimiste et sympathique. Et alors que le sport professionnel n’est plus
le signe de ralliement d’une ville qu’il a déjà été, Nike reprend le flambeau
de l’appartenance à une communauté, ce qui n’est pas un mince défi pour une
multinationale de cette taille.

À
l’heure où Phil Knight, son fondateur, lâche les rênes de l’entreprise, Nike prouve
une fois encore à ses détracteurs qu’elle a le sens de la publicité dans ses
gènes. Facilement accusée de tous les maux, l’entreprise démontre sa capacité d’action
à tous les niveaux y compris les plus locaux. Et n’en déplaise aux partis
politiques municipaux, actuellement c’est une marque de
running shoe
qui offre l’image de Montréal la plus séduisante…