Les succès de The Gazette, la faillite de Canwest

Idead:gazette

Depuis 2006, la campagne de The Gazette, "Words matter" quotidien montréalais anglophone, créée par l'agence BleuBlancRouge, remporte succès sur succès. Elle a été récompensée hier de l'honneur suprême chez les quotidiens : la campagne a en effet reçu le Grand Prix 2008 de la meilleure campagne publicitaire pour journaux au monde à l'occasion de l'International Newsmedia Marketing Association Awards qui se déroule à Miami.

Les dernières exécutions continuent de creuser le filon des mots et du sens, avec une couleur plus politique depuis l'automne 2008, en référence aux élections canadiennes ou encore américaines, très suivies au Canada. Quels que soient les supports ( radio, imprimé ou télé ), la réalisation est toujours à la hauteur des concepts d'origine, même si j'avoue avoir été un peu lassée ( fidèle lecteurs, vous commencez à vous en douter ) par toutes celles faisant référence à Obama : question d'overdose plus que de qualité intrinsèque 🙂


Cette campagne a d'autres vertus que la petite centaine de prix rapportée à son client : elle a contribué à améliorer l'image de marque de The Gazette, a boosté le moral de ses journalistes ( par les temps qui courent, c'est déjà beaucoup ), fait augmenter les ventes ( augmentation du revenu / copie entre 2007 et 2008 ). Les lecteurs du quotidien la plébiscitent. Et en prime: encore une création montréalaise qui triomphe à l'international, un client qui peut dire que la publicité traditionnelle ça marche ( ça non plus, ce n'est pas anodin et venant d'un média, c'est une profession de foi salutaire ! )… Que du bonheur ! 

À un -gros- nuage près.

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Le prix de la vertu pour Coke et autres nouvelles éclairantes

Sunn

Une revue de presse/web est toujours un exercice subjectif. C'est aussi une excellente manière de flairer l'air du temps, pas toujours aussi pluvieux que ce dimanche et d'avoir, dans cette époque trouble, quelques éclairs de lucidité sur la révolution en marche dans l'industrie de la com" et des marques. De la semaine passée, quelques lectures / infos inspirantes.

 • 33 millions d'euros, le prix de l'innocence pour Coke ? C'est en tout cas le montant investi par la firme d'Atlanta dans la société de smoothies britanniques Innocent ( voir précédent billet sur cette success story). Participation minoritaire mais non négligeable pour une entreprise de 116 millions d'euros de CA ( 2008 ), qui a fort affaire avec la concurrence soudaine de Tropicana ( propriété de … Pepsico ). Le quotidien Libération ne rate pas l'occasion d'épingler toutes "ces multinationales tentant de se racheter une virginité" avec des marques bio, éthiques et écologiquement responsables : et de citer l'exemple de Ben & Jerry ( Unilever ) ou L'Oréal ( qui a racheté Sanoflore, marque bio française ainsi que Body Shop ). Pour Libé, il est clair que ces mariages d'affaires signifient la fin des vertus des marques rachetées : elles passent à l'ennemi. Pourtant, dans le cas d'Innocent, il est tellement clair que la bataille se joue ( comme presque toujours dans la guerre des colas ) sur la distribution qu'on ne peut que comprendre la nécessité de l'entreprise de s'allier à plus fort qu'elle. Tropicana a mis 6 semaines a être référencé dans 90 % des points de vente alors qu'Innocent a mis plus de 2 ans à toucher un tiers d'entre eux ! Dur de lutter dans ces conditions, belles valeurs ou pas… Par ailleurs, je ne suis pas prête à parier sur le fait qu'Innocent perde ses attributs et son attitude, et se fasse " siphonner " par Coke ; elle peut servir de laboratoire de marketing éthique;  au pire, d'alibi vertueux dans les rapports annuels… Dans l'immédiat, cet argent frais lui permet enfin de penser à son développement et de baisser la pression en temps de crise. Pour les marques comme pour les hommes, c'est un peu "struggle for life" ces jours-ci 🙂

la pub en crise ne fait pas pleurer tout le monde

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