Du pain et des jeux

Capture d’écran 2011-02-13 à 16.46.33

Chaque année, Eurodata TV Worldwide publie le Yearly Sport Key Facts:  une synthèse des audiences des événements sportifs dans plus de 30 pays. Chaque année, le Yearly Sport Key Facts démontre, si besoin était, la totale domination des émissions de sport dans le monde de la télé. 2010 ne fait pas exception à la règle. Le sport écrase la concurrence ou en guise de raccourci: Chabal écrase Chabot.*

La coupe du monde de soccer a réalisé la meilleure audience sportive 2010 dans 21 pays sur les 35 étudiés. Au Portugal, le football représente 79 % de la consommation de sports à la télé… Les Jeux Olympiques de Vancouver,  particulièrement suivis en Suède, Norvège et bien sûr dans le pays hôte où 10 millions de personnes  – soit le tiers de la population- ont suivi la finale de Hockey, est l’autre grand vainqueur de l’année sportive 2010. Le Tour de France, la Ligue des Champions de foot, le Tournoi du Grand Chelem de rugby ou encore Roland Garros et Wimbledon ont réalisé d’excellents scores.

Plus près de nous, les chiffres du dernier Super Bowl laissent supposer que 2011 ne fera pas exception : 111 millions d'Américains ont regardé la grande finale du championnat de football américain. Au total, 162,9 millions de spectateurs ont au moins regardé une partie du match…

Lire la suite

Publicités

Superbowl 2009 : fin de partie pour la pub ?

Idead:superbowl
2008 n'avait pas été un très grand crû, 2009 signe sans doute la fin définitive d'une certaine époque : le Superbowl, véritables JO de la pub, résistait bien jusqu'ici et aux turbulences économiques et à la révolution en marche dans l'industrie publicitaire. À 3 millions U $ le 30 s, NBC a quand même défié la tendance et a su exploiter l'effet dernière minute dans ses ventes, certains annonceurs révisant leurs plans jusqu'aux derniers jours précédant l'événement ( 52 spots vendus au final ).

Mais créativement parlant, aucune vraie surprise. Qui oserait encore prétendre que les périodes de crise sont propices à la créativité après avoir visionné les spots de cette 43 ième éditions ? Ramassis de vieilles recettes selon Stuart Eliott du NY Times qui compte désormais Madison Avenue parmi les grandes désillusions du moment, avec Wall Street et les banques… Ce n'est certainement pas le spot Pepsi ( refresh anthem ) mettant en vedette Bob Dylan qui me fera démentir cette assertion ( le grand Bob ne porte décidément pas chance aux marques, son apparition pour Victoria's Secret il y a plusieurs années n'étant vraiment pas passé au panthéon publicitaire non plus ). 

L'industrie de la pub américaine se questionne sans doute encore plus ce matin en découvrant les résultats du concours USA Today, qui chaque année établit la pub la plus aimée du public ( Admeter contest )…

Lire la suite

Yes we can 2006

Cet article a été écrit en janvier 2006 pour la chronique L’envers de la Pub de la Presse Affaires.

Note 2008: si je veux, je peux, ça vous rappelle rien de récent ? Super site consacré aux
pubs du Superbowl

Et si on lançait dès aujourd’hui des paris pour le Superbowl de 2007 ? Côté pronostics sportifs, j’ai très peu d’idée sur les équipes qui s’affronteront mais en revanche, je veux bien vous révéler qui remportera vraiment le prochain Superbowl : ce sera Anheuser-Bush, et plus précisément sa marque phare Budweiser.
Dimanche dernier, avec 9 messages en ondes, le roi de la bière aux Etats-Unis ( 50 % de part de marché ) a encore dominé la partie publicitaire. Qui n’offrait pas un grand spectacle créatif, d’ailleurs : on est loin des folles années de la bulle internet où des sites flambaient leurs millions avec des messages bien moins convenus que ceux qu’on nous a servis cette année. L’heure n’est vraiment pas à l’exubérance chez nos voisins du Sud et il est toujours passionnant de constater à quel point la publicité est l’exact reflet de l’humeur d’une nation, du moins de son économie. Bien sûr, on a sorti les paillettes et quelques effets, et on nous a fait sourire. Mais Dieu que les annonceurs et leurs agences ont été prudents !
Les téléspectateurs l’ont été également dans leurs préférences : sur le site du quotidien Usa Today, où le vote publicitaire est devenu une tradition, ils ont élu « Frigo magique » de Budlight meilleure pub de l’événement. Pourtant, la marque a déjà utilisé un concept proche, où un malheureux voyait ses bières disparaître de son frigo car son voisin avait percé le mur. Rien de révolutionnaire ! Tant qu’à apprécier l’humour de gars un peu crasse de Bud light, j’ai préféré ces faux bricoleursqui montent sur leur toit pour déguster leur bière, prétextant une réparation : meilleure chute, dans tous les sens du terme !
Mais la publicité emblématique de l’état d’esprit américain demeure le message classé numéro 2, celui du poulain Clydesdale qui rêve de tirer le chariot de livraison de Bud.
Depuis huit ans, Budweiser remporte le vote populaire et 2006 confirme sa performance: 6 des 10 premières pubs préférées sont signées par le brasseur Anheuser-Bush (AB). Plus étonnant est le bon classement de ce message très classique, qui joue à fond sur l’émotion : généralement, Bud rafle la mise avec des spots hilarants, où les gars font des mauvais coups, ou bien où les animaux abondent ( souvenez-vous de l’excellente saga des « grenouilles »… ). D’ailleurs, le message qui reprend l’historique match entre les 2 équipes de chevaux ( avec cette année un mouton dans le rôle du « tout nu » qui traverse le terrain ), utilise ces deux ressorts : animaux et humour, plus un effet de complicité avec les « fidèles », qui suivent le Superbowl depuis longtemps et se souviennent de cette partie spectaculaire entre les chevaux. Pourtant, c’est le poulain qui a gagné, et le titre du message le résume à merveille: « American dream ».
C’est une tradition d’AB que d’utiliser les Clydesdale, cette race magnifique associée à la marque depuis la fin de la prohibition. Chaque année, ils réapparaissent pour promouvoir non pas l’image d’un produit mais bien celle de l’entreprise. Les gags font vendre des bières mais les Clydesdale nous parlent de valeurs. Ils nous rappellent à quel point Bud, c’est l’Amérique. Pas celle de Bush, vilipendée dans les sommets altermondialistes ou écologiques. Mais bien l’Amérique mythique, romantique, celle des débuts, qui promettait une vie meilleure à tous les hommes de bonne volonté.
Le poulain Clydesdale, jeune ambitieux, voulant tirer le chariot comme ses parents l’ont fait, incarne cette vision de l’American Dream : si tu veux, tu peux. Réconfortant pour l’Amérique post-Katrina. Et vous pouvez hurler que c’est cliché, sans imagination et tarte à la crème : cette pub touche le cœur des américains, fait vibrer la corde sensible de leur infatigable optimisme. Elle ne gagnera aucun prix dans les concours : mais je veux bien parier qu’elle résonnera longtemps dans les mémoires, plus longtemps que le score des Steelers… C’est ça aussi, une grande pub.